Pascal Blanc sur le GR5 : 600 kilomètres en 6 jours, un défi déjà culti”cime”

C’est imminent. Les Savoies, la Vanoise, le Mercantour… Tous nos sommets, enthousiastes, se sont passés le mot dans la douce chaleur de juillet. Le compte à rebours a sonné. Dans quelques jours, nos Alpes accueilleront un marcheur de haute volée, en quête du grall, celui du record de la plus rapide itinérance à pied au cœur du GR5. Le 26 juillet, Pascal Blanc, notre pétillant réunionnais tentera un défi des plus exaltants à travers les Alpes françaises et le GR5 : parcourir en 6 jours, 617 kilomètres à pieds, de Thonon-les-Bains à la Méditerranée. Nous l’avons rencontré à quelques jours de ce challenge d’UltraSkyRace.

De l’endurance sur les plus beaux spots du Monde, c’est ce qui fait crépiter d’adrénaline le cœur de Pascal Blanc.

1 – Bonjour Pascal, un défi pareil, ça se murit longtemps à l’avance, quel a été le déclic ?

Bonjour à tous. Je ne crois pas qu’il y ait eu un déclic mais plutôt de la curiosité pour tous les paramètres de la gestion de l’effort. Tout a muri progressivement dans mon esprit. Tout a commencé en 2001, alors que je revenais de randonner avec mes enfants, mon parrain qui habitait dans le Mercantour me dit “il y a une course de 100 km dans la montagne“.

Je lui ai répondu “mais tu ne te rends pas compte, c’est impossible“. Quatre ans plus tard, je finissais 3ème en compagnie de Sébastien Chaigneau du Grand Raid du Mercantour. Ensuite, j’ai peaufiné ma préparation, j’ai participé à beaucoup d’ultras et ma motivation s’est estompée. Je suis très excité à l’idée d’intégrer une dimension supplémentaire à ma pratique de la Montagne.

Le défi : arrivée en Méditerranée le 1er août !

2 – Avant de réaliser ce record, tu as donc besoin d’un solide entraînement. Comment s’est passé la reco sur le terrain début juillet ?

Très bien. C’était important pour moi de connaître parfaitement le parcours. J’ai pu valider mes choix matériels, rencontrer les gardiens des refuges qui seront des points d’appuis importants et aussi me préparer physiquement au terrain alpin.

3 – Pourquoi avoir choisi le GR5 Alpes ?

La Grande Traversée des Alpes est une traversée mythique et le GR5 est le support idéal. En trois mots, c’est simple, parlant et superbe.

4 – Relever un tel challenge, ça demande de la préparation, quelle va être ta part d’improvisation sur le terrain ?

J’espère qu’il n’y aura pas besoin d’improviser ! Mon équipe est très compétente et tout est très bien organisé. Tout est planifié et on a ce qu’il faut pour parer à toutes les situations. De plus, si nous devons nous adapter, j’ai à mes côtés des personnes très expérimentées dans tous les domaines nécessaires. Bien sûr, la météo sera sans doute la variante le plus importante.

5 – Que peux-tu conseiller aux jeunes aujourd’hui qui veulent se mettre à la randonnée ?

Le conseil qui me paraît important, c’est d’apprendre à connaître la montagne et de considérer qu’on ne la connait jamais assez. Le relief est un environnement riche qui nous fait parfois oublier que les dangers y sont nombreux et souvent imprévisibles. Il faut prendre le temps d’écouter les montagnards qui connaissent bien leur région et se renseigner avant de partir sur les prévisions météo, l’état des sentiers…

Sur une telle épreuve, le cerveau doit resté “débranché”.

6 – Lorsque les obstacles arrivent, à quoi faut-il penser pour aller au delà de ses limites ? La famille, l’entourage ?

Ce qui est le plus important, c’est d’avoir “ancré” une réponse automatisée qui ne fait pas appel à la réflexion. Sur une telle épreuve le cerveau doit resté “débranché”.
Pendant la reconnaissance, je me suis beaucoup entraîné pour fixer ces automatismes. Bien sûr, mon équipe est très importante mais je ne peux pas la dissocier de moi, nous ne faisons qu’un et quand je dis “je” je pense “nous”.

7- A quels moments de tes randonnées, tu t’es dis “J’ai quand même de la chance d’être là” ?

A chaque fois que je pars à l’assaut des cimes ! J’ai une chance énorme de pouvoir pratiquer la montagne, de la ressentir, d’avoir un corps qui me le permet, une épouse formidablement compréhensive et impliquée. Si je fais un retour sur les aléas de la vie, j’ai vraiment énormément de chance d’être là !

Bonne chance à Pascal Blanc et à sa fabuleuse équipe ! Contribuez à la réussite de ce magnifique et spectaculaire projet. Suivez également ses exploits sur Facebook.

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