8 questions à… Emmanuelle, 30 ans, aventurière du GR®5 en solitaire !

Je m’appelle Emmanuelle et j’ai 30 ans. Je suis pharmacienne de formation mais au fond de moi je suis bien plus musicienne et baroudeuse. J’aime être en pleine nature et découvrir des sites inaccessibles en transport quel qu’il soit. Avant le GR5, je suis parti 6 mois en Amérique du Sud. C’est au cours de ce périple que j’ai réellement découvert la randonnée, marchant à travers la jungle ou encore la Cordillère des Andes.

1/ Est ce que l’idée de se lancer sur le GR®5 vient un beau matin par hasard ?

Cela faisait quelques années que je n’avais pas fait de treks et cela me manquait. Je voulais rester en France, ne pas partir trop loin et découvrir mon pays. Alors pourquoi pas les Alpes? Je connais bien ces versants l’hiver mais très peu l’été. La période et le timing correspondaient exactement à mon envie. 

2/ Comment prépare-t-on un tel voyage? 

Cela ne demande pas une grande préparation physique.

Je ne suis pas du style à préparer les choses trop à l’avance. J’avais une bonne paire de chaussures, une tente, un duvet, un poncho… le nécessaire vital

3/ As-tu utilisé le site “Move your Alps?” qui permet de préparer facilement son périple en itinérance ?

Quand j’ai commencé à regarder les itinéraires, j’ai découvert le site Move Your Alps car il explique assez bien les différentes étapes à parcourir. Cela permet une première approche du trajet.

4/ Est ce que le Gr®5 est vraiment accessible à tous?

C’est une randonnée accessible à tous. Pas besoin d’un entraînement physique intensif. De la motivation et de la persévérance suffisent quand on va à son rythme. On a des courbatures à un moment donné, ça c’est sur, mais c’est surmontable !

Grâce aux nombreux sites où l’on peut se reposer, chacun peut effectuer son propre trajet et s’arrêter quand il le souhaite.

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5/ Quel est l’équipement nécessaire?

Une bonne paire de chaussures et un bon sac à dos confortable. Une chose utile aussi est le Camel back car cela évite de retirer le sac trop souvent du dos et par forte chaleur on a souvent soif. De même, une couverture de survie (1 euro) peut se révéler très efficace surtout quand il fait froid la nuit et que le duvet ne suffit pas 🙂 et un bon poncho en cas de pluie!

6/ Lorsqu’on part en itinérance, il y a toujours un zeste d’imprévue. Quelles sont les surprises qui ont surgit au détour d’un chemin, d’une étape ou d’un lieu ? 

On est dépendant de la météo. J’ai été plutôt chanceuse à ce niveau là mais je me souviendrai avoir connu le brouillard en fin d’après midi après le col de Bise en direction du chalet de Bise. Je ne voyais plus rien, je marchais à l’aveugle. Et là, il faut garder son sang froid car on ne voit plus le chemin et cela nous rappelle à quel point la montagne peut être dangereuse.

Pour les bonnes surprises, l’arrivée à des endroits inoubliables comme le lac d’Anterne, le lac de Roue ou le lac Miroir ou apercevoir les marmottes tôt le matin dans le Parc de la Vanoise… Aussi pour les bonnes surprises, en direction du Col Fromage, alors que j’étais en train de prendre mon pique nique avec 3 Suisses, j’entends le sol trembler et j’aperçois un cerf surgissant des bois qui fonce tout droit dans notre direction. Il passe juste à côté de nous et dévale la pente pour sauter la rivière et grimpe directement sur le vallon d’en face. Cette bête avec ces cornes était majestueusement belle.

J’ai aussi pu apercevoir un bouquetin au Col du Brevent. Il faisait froid et le Mont Blanc n’était pas très dégagé. Le bouquetin est apparu sur la crête à quelques mètres de moi. Quelle discrétion et quel équilibre! et puis il a disparu de l’autre côté.

7/ Qu’est ce qui t’a littéralement fait fondre pendant le voyage  ?

J’ai été incroyablement fasciné par la beauté, la richesse et la diversité des paysages. Dès qu’on franchit un col, on change de paysage. C’est comme si on visitait un nouveau pays. Les Alpes du Nord et du Sud sont complètement différentes. On ne sait pas ce qui nous attend le lendemain. 

J’ai aussi beaucoup aimé le comportement des gens, cette solidarité! Les gens sont encore plus bienveillants quand une jeune fille voyage seule !

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8/ Au delà de l’exercice physique, qu’est ce que ça t’a appris sur toi même ?

On se fixe des objectifs et on n’y parvient sans l’aide de quiconque. Il ne faut pas avoir peur de se lancer. Il faut avoir confiance en soi et se dire qu’on peut faire les choses seules. La plupart des gens ont peur de se retrouver seul car c’est se retrouver face à soi-même mais on en est tous capable. On ne dépend plus de personne. On est amenés à prendre des décisions. Cela fait beaucoup avancé. Puis on réalise qu’on est capable d’accomplir tous ces évènements. Tout est dans la tête. Il faut un peu d’audace et d’insouciance pour faire le premier pas mais une fois celui-ci franchi, c’est parti pour l’aventure et on ne le regrette pas!

9/ Bonus : C’est pas trop difficile de se retrouver tout seule?

Cela fait plaisir de se retrouver seule ! On peut organiser son périple comme on l’entend. Personne pour nous dire ce que l’on doit faire, on prend ses propres décisions. On peut partir seule mais si l’on souhaite discuter, il est très facile de rencontrer du monde. Au final, si l’on souhaite être seule, c’est possible mais on peut aussi rencontrer des gens qui partagent la même passion que nous et faire un bout de chemin ensemble.

10/ Quelques conseils?

En début de journée, il est important de savoir à quelle distance est le prochain point d’eau. Ils sont nombreux dans les Alpes du Nord mais plus rare dans le Sud. Prévoir une lampe frontale car chacun marche à son rythme donc on peut se faire surprendre par les estimations de temps annoncé.

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