7 secrets autour des forts alpins et du Duché de Savoie

600 bougies s’illuminent à travers les Alpes. Fêtons ensemble le 600ème anniversaire de la naissance du Duché de Savoie. Grâce à leurs alliances, les “Portiers des Alpes” comme on les surnomme, ont maîtrisé et façonné les paysages et l’économie de tout un massif. Avec en toile de fond, les récits et anecdotes de cette Maison de Savoie, penchons-nous sur les forts, Sentinelles des Alpes et marqueurs paysagers de l’histoire de la frontière alpine !

1/7 – Des défenses à même le ciel

De pierre, de fer ou de béton. Les matériaux de ces forts divergent mais l’âme de ces sentinelles est unique. Elles sont là pour protéger. Certes. Mais leur rôle va bien au delà. Il s’agit de laisser une marque dans des territoires frontaliers, terreau fertile de possibles insurrections. Puis d’imposer un pouvoir, l’asseoir même, au cœur de montagnes immenses. Pour illustrer cette puissance, prenons un exemple tout simple : les Alpes et en particulier le Duché de Savoie, très opportuniste, ont accueilli après la révocation de l’Edit de Nantes, les protestants quand ils ont fui le Royaume de France. Le pouvoir catholique a froncé les sourcils et a alors renforcé ses fortifications (Briançon, Mont Dauphin) pour imposer sa stature. Une preuve de plus que posséder un fort était signe de suprématie avant tout.

2/7 – La Barrière de l’Esseillon a une histoire incroyable !

Le récit qui relie à merveille l’histoire de la Savoie et celle des forts alpins va se découvrir sous vos yeux. Cap sur la Barrière de l’Esseillon. Cet ensemble de forts construits autour de 1830 par la Maison de Savoie, a son artillerie dirigée contre la France. Mais en 1860, revirement de situation ! Napoléon III aide Garibaldi et Victor-Emmanuel II de Savoie, roi de Sardaigne, a repoussé les Prussiens et a unifié l’Italie. Pour remercier l’empereur français, Victor-Emmanuel II lui “offre” sur un plateau d’argent la Savoie et l’ordre est donné de raser les forts de l’Esseillon.

Napoléon III a une autre idée en tête pour cette sentinelle qui pendant 30 ans rappelons-le, avait ses canons tournés vers la France et qui devient comble du comble, française. Il n’a en effet aucune envie de la démolir. Alors certes, il donne l’ordre de partiellement raser le fort Charles-Félix, mais il ne s’agira que d’un “semblant de démolition”. Les armes étant dirigées vers la France, les canons vont dès lors être orientés vers l’Italie, au grand dam de ces derniers.

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3/7 Connaissez-vous le point commun entre un fort alpin et un caméléon ?

Le mimétisme bien sûr ! Quand vous voyez la barrière de l’Esseillon de loin, bien malin celui qui pourra deviner le fort. Les sentinelles se fondent dans la nature. Se protègent. Se terrent à même le sol alors que leurs tours de guet côtoient le ciel. A partir du XXe siècle, les ouvrages sont construits sous terre, ils sont dignes du fonctionnement des sous-marins : autonomie complète en haut, en air, en termes de vie interne, d’organisation des hommes.

4/7 Les forts des Alpes : la machine à avancer le temps !

On pourrait imaginer qu’au fin fond des montagnes, la technologie militaire n’était pas des plus modernes.  Les militaires qui sont venus s’installer en montagne ont pourtant apporté avec eux de la technologie. Il ne faut donc pas imaginer que ces zones militaro-rurales étaient isolées de tout, elles étaient parfois même bien en avance en matière de qualité de vie par rapport à certaines contrées urbaines.

Parmi les systèmes précurseurs de l’époque, on peut noter l’adduction d’eau pour l’autonomie des garnisons, et plus incroyable encore, le double vitrage dans les fortifications. Cette effervescence militaire a permis à des territoires de montagne de s’y retrouver et de lancer leur économie. Un exemple frappant : les créations de réseaux routiers militaires ont permis d’oxygéner et de desservir les villages d’altitude. La population sur place y trouve son compte !

5/7 Fenestrelle… la plus grande muraille des Alpes

Surnommée la “muraille de l’Europe”, elle s’étire sur plus d’un million de mètres carrés. La conception de cet édifice est signée Ignazio Bertola, premier ingénieur du duc Victor Amédée II. Fenestrelle abrite trois forts (San Carlo, Tre Denti, Delle Valli), trois redoutes (Carlo Alberto, Santa Barbara, Delle Porte) et deux batteries (Dello Scoglio, Ospedale) reliées par un escalier de 4 000 marches entièrement protégé et couvert.

6/7 Le Duché de Savoie : quand la Côte d’Azur rencontre la Bresse !

Au carrefour de l’Europe (c’est d’actualité avec le fameux Brexit !), le Duché de Savoie a joué de nombreuses alliances avec les grands d’Occident au fil des siècles. En nouant des amitiés par delà les frontières, cet ancien fief féodal du Saint-Empire romain possède alors un vaste territoire plus grand que la Corse. De la Saône à la Méditerranée, le Duché de Savoie a pour capitale Chambéry (1416-1563) et Turin (1563-1713).

L’aventure de la Maison de Savoie débute au XIème siècle par Humbert I “aux blanches mains”. Elle est issue d’une famille comtale implantée à l’origine entre Rhône et Val d’Aoste.

Les contrées du comté de Savoie, dans la mouvance du Saint Empire germanique, vont connaître au fil des siècles des fluctuations importantes de part et d’autre des Alpes, au gré des alliances et affrontements entre les puissances européennes.

Si Humbert Ier réalise l’assise territoriale initiale du comté de Savoie entre Savoie propre, Bugey, Chablais et Val d’Aoste, ses successeurs confortent cette expansion et confèrent à la Maison de Savoie le rôle de “Portier des Alpes” aux XIIème et XIIIème siècles.

Situé à la charnière des Alpes occidentales et des Alpes centrales, la Savoie occupe en effet une position stratégique en reliant l’Europe du nord à la Méditerranée par les cols et les accès transalpins.

Le contrôle du passage transalpin du Mont Cenis, situé sur la route menant à Rome, donne à la Savoie une place clé dans la géopolitique européenne, entre France et Empire, et au cœur des grands axes commerciaux.

Maîtriser les Alpes tout en progressant vers la Méditerranée, c’est la mission principale de la Maison de Savoie qui va pour y parvenir, mener une politique de conquête avec trois objectifs : elle va s’étendre en pays de Vaud et Valais suisse. Elle va affronter les comtes de Genève et les barons du Faucigny. Bloquée à l’ouest par les Dauphins de Viennois puis par la pression française en 1349, l’expansion de la Savoie va s’orienter également vers le Piémont transalpin.

7/7 La maison de Savoie : 7 secrets sur l’itinérance des ducs de Savoie

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